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Vie Violence
C’est une mer morte préhistorique pleine d’anguilles sous roches
D’esprits marins antiques
C’est un volcan vieux de cent mille ans susceptible à chaque instant 
De vomir toute sa bile et puis sa haine avec

Il en faut peu pour que remonte à la surface l’épave oubliée du passé
Il en faut plus pour être heureux
 
Et même si tout cela n’est qu’une peinture de l’esprit
Une métaphore pensée pour atteindre l'autre
Il n’y a rien de plus réel qu’un chagrin qui cherche à s’exprimer
Rien de plus vrai que la difficulté de survivre à la fin d'un amour
 
La mort est contaminante et la vie violente
 
Et je sais bien que c’est en vain que mon regard toujours se perd
Qu’il ne sert à rien de défaire chaque nuit le puzzle de toute une vie
Afin d’en reconstruire une autre entière et moins cruelle
 
Mais passé l’âge où l’on joue à mourir
 
Les nuits semblent plus longues que les jours 
Et il nous faut trouver en nous la force de continuer.
 
Je m’en veux d’avoir si peur de vivre et si peu de mourir
Je m’en veux d’utiliser les mots de tous les jours pour le dire
 
Mais pour l’heure et pour résister au naufrage de l'âme 
 
Je laisserais ce soir encore ma fenêtre ouverte et le froid me glacer le sang
Je le laisserais me signifier qu’être vivant ce n’est pas seulement 
 
Défier la mort tout le temps
 
C’est peut-être aussi par instant de tout son être ressentir la caresse du vent 
Et se laisser porter par le seul vrai insoumis au pire
 
Le  penchant de vivre.

Valérie Gonzalez