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L'étrangeté de l'être
Étrange hiver

Quelle force inexpliquée m’avait poussé jusque dans mes retranchements
J’étais assise là au bord de ma vie et je la contemplais
L’ambulance fonçait droit devant vers un ciel jaune éclaté
Ce matin là et bien d’autres encore telle était ma réalité

	J’avais alors trente ans mais ma vie s’en foutait

Elle m’avait prise la faculté de me bouger normalement et librement
Qui étais je dés lors sans mon costume d’être - normal -
J’étais si peu si vulnérable si prés du bord du vide
Comme si ma vie ne tenait qu’à un fil
Cordon ombilical entre les autres et moi
J’étais un géant banni par les siens et contraint de vivre chez les lilliputiens

	Mais qui étais je au fond je n’en savais rien

Toute ma vie j’avais fuis mes pourquoi et mes comment
J’avais foncé droit devant et au plus vite comme un bolide
J’avais cru par instants tout comprendre et même bien agir
Être touchée par la grâce dans le début d’une réponse
Mais je n’en cherchais qu’une alors qu’il y en a mille
Autant de serments défaits par omission que de renoncements
A jamais remis aux lendemains
Et le prix à payer pour mettre trompée tant et encore

	J’étais vivante ! Et même debout sur mes deux jambes

Comme un arbre mal enraciné et qui plie sous l’automne
Comme l’enfant que j’étais et qui continu de jouer sa vie 
À la pointe extrême de mon regard
Je me croyais tranquille à l’abri des méchants et des marchands de rêves
Mais non les escrocs de l’espoir avaient guidé mes pas si longtemps et si loin
Que j’avais fini par me perdre
Étais ce une raison suffisante au destin pour me forcer la main

	Il est vrai que sans passé je n’étais rien.

Valérie Gonzalez