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Le goût du vivant
La poésie de la rue se rue dans les brancards
La peau aussi tend à l'art qui s'articule 
Autour du désir salutaire
Se plie au rut 
Se livre à la pratique du conciliabule
Brut et épidermique

Le derme des mots caressé par mon style 
Réagit à l'éthique 
Tique à la moindre certitude
Sait feindre la foi unificatrice
En croisant dans le dos les doigts 
Puis en solo décortique la structure
Du principe étal énoncé

J'entends la vérité crier au secours
Dans l'arrière cour philosophique
Des comptoirs des bars à déboires
La morale elle
Se tient au chaud dans le corps sage
Des bigotes de la démocratie

Les saints n'ont qu'à bien se tenir les mains

Donnez moi encore de ce lait aigre doux
Qui fait passer la raclure de la gêne
L'ivresse de l'écriture m'offre l'accès aux  nues

D'ici où tout repère est nul

A chaque fois de zéro je repars 
Des ratures pour parfaire l'imperfection
Sans laquelle je ne serais être
La raison comme une aile de delta
Pour voire ce qui est  ici bas
Pouvoir dire avec le coeur ma joie
D'écrire…

Juste aller là où je retrouve 
Immanquablement quand je me perds
Le goût sucré de la cerise 
Et celui plus âpre du vivant.
 
  
Valérie Gonzalez