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Le Bien Le Mal
Une page indolore comme une bouteille en marge
Vide 
Qui n’attend que nous pour qu’en son creux vive
Le vin nouveau

	Riposte de Dieu qui ranime au mieux ressuscite

Celui qui gît dans sa vie comme au lit
Alcool de mots à siffler pour l’éveil
 
	En mer tout se perd

Spécialement les haros qu’on libère au gré des tempêtes
Le verre qui poli renvoie la lumière
Mes vers ont la verve et la voix cassée
Mais leur truisme leur donne la couleur d’un prisme
Un filtre pour deviner les coloris passés

	Effacés même 

Tellement le temps s’est raclé les pieds dessus 
Paillasson de pensées floues ou qui font peurs
Je me dénuderais bien sans concession
Quitte à me décharner

	Pour m’habiller d’une peau inédite

Mais je n’ai que ce corps où habiter
Le restant de ma vie
De fuite en cohabitation osée

	Je suis

Seule en dedans et au dehors
Parce que j’ai placé des verrous partout
Dont j’ai perdu la clé
Me voilà à présent penchée
Tel le penseur de Rodin

	L’œil dans les trous des meurtrières

A cligner des yeux
A chercher la lumière
A renoncer à faire la guerre 
Pour espérer trouver la paix
Mais que sait on de nous
Nous à qui personne jamais ne raconta

	Le bien et le mal

Que savons nous des mailles qui se délient plus tard 
Du sac des souvenirs 
Du regard que l’on posera sur nos actes fous et spontanés
Pris dans le feu d’un incendie qui nous soumet

	Il y des mythes dans le bahut de la mémoire

Des antiques et des mites ouvrières qui nous secondent
Dévorent tout ce qui a un goût de mort réel ou supposée
Mangent la fange dont on ne veut pas
Celle dont personne ne voudrait

	Nous la recracherons plus tard

Quand tout cela sera devenu indigeste
Quand un geste ou un mot ou une perte de trop
Nous la fera remonter dans l’estomac

	Et là nous verrons 

De ces pléthores nous détacheront le bien le mal
Ce qui nous incombe  
Ce qui revient à ceux qui ont fait de nous des tombes
Nous casserons nos dalles
Nous respirerons
Délestés nous serons
Enfin à arme égale

	Devant le bien et le mal.

   Valérie Gonzalez