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Il n'y a pas d'urgence
Il n’y a pas d’urgence
Que celle de vivre
Or on fait avec la mort qui tarabuste
Divise buste et pieds enracinés
 
Je sais
Je crois
Des endroits d’où l’on ne revient pas
 
" Ceci n’est pas la nuit 
  C’est une économie " 
 
Ou "le Cri" de Munch dans "la Nuit étoilée" de Van Gogh
 
" La pipe " de Magritte gravite au dessus de mon crâne
Tel un satellite
 
Et moi
Qui fait du mal à la vie
 
A ne plus faire la différence
Entre ceux qui aiment
Pour eux-mêmes
Et les autres
 
Jusque dans le silence (...)
 
- Possèdes moi afin que je me dépossède
Juste le temps de l’oubli
 
Omettre qui je suis
Faire corps avec légèreté
Me soustraire à la gravité.
 
On parle d’osmose
On devrait parler de la couleur des os
Plus communément
On en aurait moins peur
 
En parler plus
Pour pâlir moins tôt
 
Il semblerait
Que je me pousse dans les extrêmes
Que je me mouche dans un mouchoir troué
Que j’atrophie mes rêves en expirant pléthores
 
C’est cette lumière aussi qui m’aveugle !
Ils se raconte que ce qui y demeure est vrai
C’est faux de croire que tout ce qu'elle montre s'incarne
L'ombre ou le cerbère du fragile, rempart contre l'insupportable
 
 Le diable et ou ses acolytes
 
 - Mes images se défendent
Ne croient pas à l’enfer
Juste à l’affûtage du fer
Et à sa marque – inaltérable -
 
On gardera le goût des bouchées d’ombre
 
Ça n’empêchera pas de devenir gourmand
De croquer la pêche ou de mordre la pomme
C’est pour la vie cette petite mort
 
Mais ce qui est plus fort
 
C’est l'effet d'un sourire 
Parce qu’il est dans l’instant
Et que la durée de son temps
C’est du sucré voir une éternité
 
C’est tout sauf le goût du passé
 
La lumière est tamis
Laisse passer le sable
Ne retient dans ses filets
Que ce qui est porté par les vagues
 
L’écriture me distance
Elle est mes yeux
Sans elle je ne me verrais pas
Je ne verrais pas non plus les autres
 
     -   Voir le monde  -
 
Elle est ma main - La forte et la vacante  -
Celle qui me sort in extremis
De tourbillons de vies
Ou d’émotions
Me dépose sur la rive et me donne du temps
 
! Que les courants sont puissants
Ceux qui nous mènent vers le fond
Qu’il est bon de se laisser couler
De s’éloigner de son reflet
 
Tant que les poumons consentent
 
Avant la conscience
Et le hurlement du doute
 
On se sent tout penaud
Au sortir de l’eau
Déconfit
Vidé
 
C’est vacillant que l’on reprend la route
Comme une flamme
Humide
 
Mais on y est
On a beau s’en écarter
La voie se centre sous nos pas
 
La ligne jaune
C’est pour quand nos pulsions déconnent
Mordre la rambarde
- ou grincer des dents en dormant -
 
C’est le même bruit d’accident
Ou la vie qui reprend ses droits
 
Le " savoir " reprend le dessus sur le non – su
Alors
Sur le champ de bataille les morts figurants
Se relèvent
 
L’on se remet à rêver
 
         - à regarder
         - humer
         - toucher
         - parler
         - goûter
 
           On continu d’inventer sa vie.
 
 


Valérie Gonzalez